Shellac un trio....guitare-basse-batterie....mais quel trio...
Shellac.... c'est plus qu'un groupe...un concept...un peu comme un axiome
...le genre de groupe qui veut tendre vers le "parfait"...le divin? en tout cas divinement bon !
Guitare: Steve Albini
Batterie: Todd Trainer
Basse: Bob Weston
Le site du groupe ....label ...machin chose ;) et trouver la discographie.....
http://www.southern.com/southern/band/SHLAC/
L'article a lireci-dessous est sur....http://oeil.electrique.free.fr/article.php?numero=23&articleid=415
Shellac :
At Action Park (Touch and go), 1994
Filtrant au chinois les dernières décennies de rock, chacune laisse à mes yeux un album de rock surpassant tous les autres, à tous les niveaux : création, inventivité, production hors normes, et influence pour les suivants. Pour les années 60, il s'agit certainement du Velvet Underground and Nico (1966). Financé par Warhol, largement reconnu maintenant, l'album à la banane fut pourtant à l'époque un échec commercial cinglant. Son impact fut pourtant essentiel pour la suite de l'aventure rock ; Brian Eno aurait dit, en se prononçant sur ce disque : "Le premier album du Velvet Underground ne s'est peut-être vendu qu'à quelques milliers de copies mais chaque personne qui l'a acheté a formé un groupe." A la fin des années 70, une formation anglaise affiliée au post punk, du nom de Joy Division, sortit quelques vinyles, là aussi impeccables et implacables, posant les bases de la new-wave, du rock industriel, voire même de l'électro via ses descendants New Order. S'il fallait ne garder qu'un disque - choix que j'espère n'avoir jamais à faire en réalité, syndrome de l'île déserte - je citerais ici Substance, pourtant hors discographie puisqu'il s'agit d'une compilation, mais truffée d'inédits et témoignage d'une trop courte carrière. Pour les 80's, mon choix va sans conteste vers Doolittle (1988) de Pixies, disque au succès commercial plus immédiat que les précédents cités, parce que plus facilement abordable, mais ô combien parfait. La discographie exemplaire de ce groupe américain laisse d'ailleurs rêveur par sa perfection, d'autant plus mythique que leur séparation précoce a permis de leur éviter de s'essouffler et de sortir le moindre mauvais disque. Dans un environnement "années 80" marqué par des sonorités truffées d'effets, des productions douteuses, et les fameux synthés, ne les oublions pas, Pixies pratique un retour aux sources du rock, et servira l'inspiration de nombreux musiciens parfois plus radicaux. Avec Sonic Youth et quelques rares autres précurseurs, ils ouvriront la voie du rock indé des années 90. On retrouve dans leur lignée, malgré l'indépendance farouche revendiquée par ces groupes, des succès étonnants tel que celui de Nirvana.
At Action Park, sorti au milieu des années 90, s'inscrit dans cette lignée innovante. Shellac est donc de Chicago, et le groupe est composé de trois musiciens hors normes : Bob Weston, bassiste, Todd Trainer, batteur, et Steve Albini, guitariste et chanteur. Ce dernier a un passé lourdement chargé : il a traversé lui-même les années 80 avec brio, laissant derrière lui deux formations exemplaires, à ma droite Big Black, groupe sans AUCUNE concession, lorgnant du côté du rock industriel, puis à ma gauche Rapeman, où la boîte à rythme est remplacée par un batteur de chair et d'os, où les compositions s'affinent. Albini est aussi producteur, on lui doit entre autres le son de Rid of me de PJ Harvey, Surfer Rosa de Pixies, In Utero de Nirvana pour les plus connus. At Action Park, 10 morceaux absolus, sans concessions, sans fioritures, avec le même grain sonore d'un bout à l'autre du disque, une présence du son jamais égalée (en écoutant cet album, on a l'impression, plutôt que d'en entendre une copie, d'être présent lors de l'enregistrement, entendant la réverbération naturelle du son sur le studio d'enregistrement, comme si aucun effet n'avait été rajouté sur les micros - micros qu'Albini collectionne, et dont les photos ornent l'intérieur de la pochette). L'autoproduction albinienne n'a jamais été si parfaite : batterie extrêmement lourde mais sèche, guitare tranchante au possible, basse plombée, l'ensemble offrant cependant aux oreilles un des disques les plus aériens, les plus beaux mais aussi les plus intenses et viscéraux ayant jamais été créés. Malgré ces épithètes des plus dithyrambiques utilisés pour qualifier ce disque sans doute peu facile d'accès à la première écoute, force est de constater que l'auditeur persévérant ne sort pas indemne de son audition.